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DYNAMIQUE DE RASSEMBLEMENT DE L’OPPOSITION: Le CPD salue l’initiative et appelle à élargir l’agenda à la résolution de la crise anglophone et à l’exercice des libertés fondamentales au Cameroun

La Cameroon Patriotic Diaspora (CPD) a pris connaissance de la déclaration de sept (7) mouvements politiques – UDC, UMS, USDP, SDF, PCRN, MP et MRC- réunis à Yaoundé le 31 mars 2021.

Ce communiqué annonce la décision des mouvements politiques signataires de travailler « ensemble, dans un cadre républicain inclusif, avec toutes les parties prenantes du jeu démocratique, afin de mettre en place un système électoral nouveau ou amendé pour la stabilité et la prospérité de notre pays ».

Par ailleurs, les mouvements politiques signataires « assurent le Peuple Camerounais de leur engagement à aller jusqu’au bout de leur démarche ».

Le CPD accueille positivement cette initiative synergique qui entre en droite ligne des efforts de notre organisation pour la constitution d’un Front des Forces Démocratiques au Cameroun, rassemblant toutes les forces politiques et de la Société Civile qui œuvrent pour le changement pacifique dans notre pays.

En effet, le 3ième Forum International du CPD, tenu à Munich en Allemagne du 26 au 28 Juillet 2019 avait lancé un ‘appel à toutes les forces démocratiques et du changement (Opposition, syndicats, organisations de masse) afin qu’elles sortent des logiques solitaires et individualistes pour constituer un front de lutte sur des objectifs communs’. Cet appel était basé sur le constat que la perpétuation au pouvoir du régime de Monsieur Biya et du RDPC était facilitée par la dispersion des forces de progrès et leur incapacité à former un front face à ce régime sur la base d’un agenda minimum!

La Cameroon Patriotic Diaspora regrette néanmoins que la déclaration ayant sanctionné la rencontre du 31 mars n’ait pas fait allusion à la guerre fratricide qui fait rage dans le NO-SO depuis quatre ans et qui a déjà causé des milliers de morts, des centaines de milliers de réfugiés, plus d’un million de déplacés internes abandonnés à eux-mêmes, des viols en masse, des villages incendiés, des enlèvements et demandes de rançons et autres atrocités innommables.

Pour le CPD, la recherche des voies et moyens pour mettre fin à la guerre dans le NO-SO constitue aujourd’hui une question prioritaire qui devrait être considérée et traitée comme telle. Le CPD est conscient que les forces politiques signataires de la déclaration du 31 mars, ont des positions parfois diamétralement sur la crise du NO-SO et son règlement. Mais notre humanité et notre patriotisme commandent qu’en tout lieu et en toutes circonstances, nous condamnions au moins le sang de nos compatriotes qui coule sans cesse et les atrocités qui sont commises aussi bien par les forces armées nationales que par les groupes armés non-étatiques dans cette partie du pays. Le CPD voudrait rappeler que depuis 2018, il n’y a pas été possible d’organiser des élections dans le NO-SO, à cause de l’insécurité et de la violence qui y règnent. Le CPD doute donc très sérieusement qu’un « un système électoral nouveau ou amendé » permettra l’organisation d’élections dans cette partie du pays, si la guerre y continue. Autant dire que le retour à la paix dans le NO-SO précède toute activité politique dans cette partie du pays, y compris la tenue d’élections. D’où la nécessité pour toute coalition des forces démocratiques de placer la question du retour de la paix dans le NO-SO en première ligne.

Le CPD note aussi que la réunion du 31 Mars n’a pas évoqué les multiples entraves dont sont victimes les forces démocratiques dans l’exercice des libertés individuelles et collectives au Cameroun. Depuis des années en effet, toutes les manifestations et réunions de l’opposition, aussi bien sur la voie publique que dans des domiciles privés, sont systématiquement interdites par l’administration, en violation de la loi, sous le fallacieux prétexte qu’elles sont “susceptibles de porter atteinte à l’ordre public”. La preuve en a une plus de plus été donnée avec l’interdiction illico presto de la conférence de presse prévue par les signataires de la rencontre de Yaoundé, par une escouade de policiers aux ordres.

Que vaut donc « un système électoral nouveau ou amendé » ou un ‘code électoral juste et équitable’ dans un contexte où les citoyens, les organisations de masses et les partis politiques sont illégalement interdits de s’exprimer?

La CPD rappelle à l’opinion que des tentatives précédentes focalisées sur la question électorale ont déjà été tentées par le passé, à l’exemple du Forum National Démocratique, lancé en décembre 2007 par 7 partis politiques, des ONGs et des organisations de la société civile, et que ces tentatives doivent être exploitées en termes de leçons et d’expérience pour éviter tout échec de la louable initiative en cours.

Considérant ce qui précède, la Cameroon Patriotic Diaspora (CPD) :

1. Salue l’initiative des mouvements politiques signataires de la déclaration du 31 Mars et leur volonté de trouver un dénominateur commun leur permettant d’agir de concert.

2. Appelle à l’élargissement de cette initiative à d’autres forces politiques qui ont montré leur volonté de rupture avec le système actuel, notamment les forces rassemblées au sein du Mouvement Stand Up for Cameroon (SUFC). Invite les forces au sein de SUFC à apporter leur engagement et leur contribution à la dynamique de rassemblement comme un pas non-négligeable vers une Transition Politique au Cameroun.

3. Invite les partis politiques à considérer également qu’un front portant les revendications fondamentales du Peuple Camerounais doit inclure les forces sociales crédibles -syndicats, étudiants, la jeunesse, mouvements paysans, mouvements de défense des droits des femmes, etc. et les forces de la diaspora.

4. Exhorte les participants à toute dynamique de rassemblement à considérer, à côté de la question importante du système électoral, la primauté de la recherche de solutions pour mettre fin à la crise et à la guerre fratricide dans les régions anglophones. Et aussi l’importance d’imposer le respect de l’exercice des libertés fondamentales comme socle d’une société démocratique. Comme l’a souvent martelé la CPD « le dialogue d’abord, les élections ensuite » !

5. Exprime sa disponibilité pour apporter sa contribution à la réflexion sur une dynamique de rassemblement des forces démocratiques qui aille au delà de la réforme du système électoral et qui intègre la guerre dans le NO-SO, les violations des droits Humains et la gouvernance calamiteuse de Paul Biya et du Parti-Etat RDPC.

Fait à Paris, le 18 Avril 2021

Pour le Comité de Coordination,

Etah EWANE

Jean-Bosco TAGNE

Tene SOP

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