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«Ngarbuh»: la CPD réclame une enquête globale sur les violations des Droits Humains dans le NO-SO !

Le 21 avril 2020, par un communiqué de presse, le Secrétaire Général de la Présidence de la République du Cameroun a informé l’opinion nationale et internationale des conclusions de la «commission d’enquête mixte» mise sur pied le 17 avril par le gouvernement pour « faire la lumière » sur les massacres des civils, perpétrés dans la nuit du 14 février 2020 dans le village de Ngarbuh dans le Ndonga-Mantum.

Ce communiqué reconnaît la responsabilité de quelques éléments de l’armée camerounaise dans ces tueries et annonce l’arrestation de trois militaires impliqués, ainsi que des sanctions disciplinaires contre leur supérieur hiérarchique, le commandant Nyangono Ze Charles Eric.

Quelques semaines auparavant, le régime antidémocratique de M. Paul Barthélemy Biya avait pourtant tenté de nier l’implication de l’armée dans ces massacres, avant de reconnaître que ce carnage était une «conséquence collatérale des opérations de sécurisation en cours dans la Région». On avait alors tout compris!

La reconnaissance par ce gouvernement irresponsable et habitué au déni permanent, de la responsabilité de l’armée dans les massacres de Ngarbuh, représente, à n’en point douter, une demi-victoire pour les organisations de la société civile, les forces politiques nationales, et de la diaspora combattante qui se sont fortement mobilisées pour mettre le pouvoir dos au mur. Il faut maintenir cette pression! De toute évidence, le recul du régime dans ce dossier n’est pas une expression de la recherche de la vérité, mais plutôt une tentative désespérée de limiter la casse médiatique et d’épargner les principaux responsables d’une méthode qui s’est systématisée au fil du conflit.

En effet, «Ngarbuh» n’est malheureusement que l’incarnation médiatisée des horreurs de toutes sortes, qui se déroulent dans les régions anglophones depuis le début, en octobre 2017, des affrontements armés entre les groupes séparatistes et les forces de défense. «Ngarbuh» n’est que la face visible de l’iceberg. De nombreux autres «Ngarbuh» à travers le Nord-Ouest et le Sud-Ouest doivent encore être tirés au clair. Le Directoire de la Cameroon Patriotic Diaspora (CPD) a par exemple documenté durant les 12 derniers mois:

1. Le carnage de Abana, dans le département du Ndian, région du sud-ouest, survenu le 07 Mai 2019 et qui a fait une quarantaine de morts.

2. Les tueries de Fungom, dans le département de la Menchum, région du Nord-ouest, le 20 février 2020 : 30 morts;

3. Les assassinats du 29.02. 2019, à Babanki- Tungo, dans le département de la Mezam, région du Nord-ouest. Bilan : 19 morts.

4. Les Tueries de Widikum, dans le département de la Momo, région du Nord-ouest, le 08 Mars 2020 : 08 morts.

5. Les massacres de Ikata dans le département de la Fako, région du Sud-ouest, le 11 Mars 2020 : 11 morts.

6. Les Massacres de Fang dans le département de la Menchum, région du Nord-ouest, survenu le 6 février 2020 faisant 5 morts.

Pendant que le régime dictatorial reconnaissait sa responsabilité dans les massacres de Ngarbuh, l’armée commettait le lendemain, 22 avril 2020, de nouvelles atrocités à Muambong-Bangem dans le département du Koupe-Manengouba au Sud-ouest, faisant six victimes: EBONG Bless, EPIE Thierry, NGOLLE Justice, SONE Desmond, NSEMME Peter and NZEME Lawrence. Ceci démontre à suffisance que «Ngarbuh» n’était pas une «bavure», comme tentent de nous expliquer, les thuriféraires du régime au pouvoir. Les massacres de Ngarbuh sont les conséquences affreuses de la guerre asymétrique, que mène l’armée en zone anglophone, et qui ne peut déboucher que sur des massacres de grande ampleur et autres violations massives des droits humains. Il est temps que le régime arrête ces massacres répétitifs et instaure un cessez-le-feu.

Considérant ce qui précède, le Directoire de la Cameroon Patriotic Diaspora (CPD):

– Exige des sanctions exemplaires contre toute la chaîne de commandement impliquée dans les massacres de Ngarbuh;

– Demande une enquête globale sur l’ensemble des violations des droits Humains survenus depuis octobre 2017 dans toutes les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, l’établissement des responsabilités avec traduction des commanditaires et des coupables devant les juridictions nationales et/ou internationales;

– Réitère qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise dans le NO-SO et que l’entêtement du régime dans cette voie sans issue nourrit les crimes et les atrocités de l’armée et des groupes armés contre les populations civiles;

– Appelle une fois de plus à un véritable dialogue national et inclusif, y compris avec les mouvements séparatistes pour trouver une solution négociée à la crise dans le NO-SO.

– Félicite les ONG nationales et internationales de défense des Droits Humains ainsi que les médias nationaux qui étalent au grand jour et dénoncent régulièrement ces actes de barbaries du régime et des groupes armés contre les populations civiles dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Fait à Munich, ce 28 Avril 2020

Le Directoire de la Cameroon Patriotic Diaspora (CPD)

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